Le constat

Le problème n'est pas vous deux. C'est la traduction.

La neurodivergence désigne des fonctionnements cognitifs qui s'écartent de la norme statistique, sans être des maladies. Le haut potentiel intellectuel, le TDAH, l'hypersensibilité, les troubles du spectre de l'autisme en font partie.

Une relation peut être concernée parce que l'un des deux partenaires est neurodivergent, ou parce que les deux le sont. Et chaque personne neurodivergente est unique : deux partenaires peuvent être tous les deux sur le spectre de l'autisme, ou tous les deux TDAH, et rencontrer malgré tout des difficultés relationnelles — deux fonctionnements de même nature ne se superposent pas pour autant.

Beaucoup de conflits viennent de là, pas d'un manque d'amour. La bonne nouvelle, c'est que ça s'apprend : deux fonctionnements qui se traduisent l'un à l'autre tiennent souvent, et tiennent bien.

Les profils concernés

Quatre fonctionnements, autant de couples possibles.

Une relation peut être concernée dès qu'au moins l'un des deux partenaires est neurodivergent — ou que les deux le sont, parfois sur des registres très différents. Souvent, le diagnostic est récent, parfois encore implicite.

etincelle

Haut potentiel.

Intensité, rapidité, exigence. Une pensée qui va vite et qui peut donner le vertige à l'autre.

souffle

TDAH.

Attention fluctuante, impulsivité, oublis. Un fonctionnement attentionnel qui se comprend et qui se compense.

goutte

Hypersensibilité.

Une perception fine du monde et des autres. Précieux, parfois épuisant. Souvent vécu comme un défaut.

boussole

Spectre de l'autisme.

Un rapport spécifique au social, au sensoriel, aux routines. Une logique souvent très claire, à comprendre de l'intérieur.

Les malentendus typiques

Ce qu'on lit, ce qui se joue.

Cinq exemples concrets de ce que l'on voit quasiment dans tous les couples neurodivergents.

« Il a oublié notre anniversaire, je ne compte pas pour lui. » Un fonctionnement attentionnel TDAH, pas un manque d'amour.
« Elle s'est isolée tout le week-end, elle me fuit. » Un besoin de retrait pour récupérer, vécu comme un rejet.
« Quand il argumente, il devient agressif. » Une intensité cognitive, vécue comme une attaque.
« Elle réagit pour rien, elle dramatise. » Une hypersensibilité, perçue comme de la fragilité.
« Il ne comprend pas ce que je ressens. » Un rapport à l'émotion qui passe par d'autres canaux.
Les forces aussi

Il ne s'agit pas de corriger.

Les couples neurodivergents ont aussi des ressources spécifiques. Une intensité dans le lien, une créativité dans la manière de résoudre les problèmes, une loyauté souvent peu commune.

Le travail n'est pas de gommer ce qui rend chacun différent. C'est d'apprendre à se traduire, à protéger ces forces, à composer avec ce qui demande des aménagements. À deux, on peut.

L'approche adaptée

Comment j'ajuste le travail.

Avec un couple neurodivergent, le cadre, le rythme et le langage de la thérapie demandent à être ajustés. Quelques principes que je tiens.

Nommer avant d'interpréter.

On prend le temps de clarifier ce que chacun dit vraiment, plutôt que d'extrapoler. Beaucoup d'incompréhensions se règlent là.

Travailler avec le corps.

L'apport polyvagal est précieux ici : repérer quand l'un de vous est submergé, et apprendre à le signaler avant le débordement.

Construire des protocoles.

Des règles claires, négociées, qui remplacent les attentes implicites. Pour les TDAH notamment, c'est souvent un soulagement.

Le premier pas est un simple échange.

Un appel ou un courriel, sans frais et sans formalité, pour exposer la situation et voir si l'accompagnement vous correspond.

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